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Posté le (14-09-2012)
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Réseaux sociaux et vie privée : quels sont les risques ?
   
   
 
   
Difficile aujourd’hui pour un internaute d’échapper aux réseaux sociaux : on estime que 77% de la population ayant accès à Internet en France s'y rend quotidiennement ; 38,5% sur Facebook, 8% sur Twitter et 12% sur Google+. D’après une étude de IFOP menée en novembre 2011, les internautes français sont présents sur près de trois réseaux sociaux en moyenne ; autant dire que la pratique du web social a complètement intégré les moeurs.

Ce succès est plus que compréhensible : jamais auparavant il n’était possible de garder aussi facilement contact avec ses connaissances, d’échanger sur ses goûts, sur l’actualité ou encore de se créer des réseaux professionnels. « On vivait pourtant très bien avant, » me direz-vous, mais les temps changent et les modes de communication sociale ont évolué avec. A l’heure de la génération Y, est hermite qui n’est pas sur les réseaux sociaux, et saint peut-être, miraculé, celui qui sans être connecté conserve une vie sociale aussi remplie que dans l’avant-2008.
 
Des exhibitionnistes au pays de Big Brother  
   
Comme toute utopie est par essence impossible, l’engouement massif pour les réseaux sociaux n’est pas sans controverses. Comment en effet ne pas penser à 1984 de Georges Orwell lorsque l’on voit les internautes se ficher de leur plein gré sur les sites de réseautage social ?

Dans un sondage mené par TNS Sofres en mai 2010 sur les Français et leur vie privée sur Internet, plus de la moitié des internautes annonçaient partager volontiers sur le Web leur identité, âge, niveau de diplôme, leurs goûts culturels et statut marital. Plus personnel encore, environ un tiers n’hésitaient pas à communiquer leurs opinions religieuses, politiques, ou encore leur orientation sexuelle. Enfin, et quoiqu’ils étaient moins de 20% à le faire, les internautes partageaient plus volontiers des photos ou films personnels sur la Toile que dans ce que l’on appelle dans le novlangue d’Internet l'« IRL » (In Real Life, « dans la vraie vie »).

Croire transférer l’IRL dans l’irréel et se confronter au risque, bien réel, de manipulation de ses données privées ; telle est la réalité qui se prend dans les filets des réseaux sociaux. Big Brother ? Big Brother peut être n’importe qui : un pirate, une entreprise commerciale, un représentant de l’Etat ou encore un malveillant anonyme. C’est du moins ce qui inquiète plus de la moitié de la population.

Les réseaux sociaux ne sont en effet pas dépourvus de failles légales ; la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) s'est penchée sur le cas de Facebook, le plus utilisé et le plus décrié d'entre eux, pour en relever les irrégularités :

• L’emploi de reconnaissance faciale pour les identifications de photos ;

• Le changement fréquent des paramètres de sécurité par défaut ;

• Le profilage publicitaire en fonction de données privées ;

• Le développement de la géolocalisation, notamment pour les mobinautes ;

• La conservation des noms, prénoms et adresses e-mail des non-membres ;

• L’impossibilité de supprimer certaines données publiées sur le site ;

• La conservation des détails des machines à partir desquelles l’utilisateur se connecte ;

• La présence de fonctions Facebook à l’extérieur du réseau social, comme sur des blogs ou des sites Web ;

• La modification d’applications après que l’utilisateur les ait validées.
 
Le Grand méchant loup est aussi sur Facebook  
   
Malgré les failles dans la sécurisation des données privées, les risques encourus sur les réseaux sociaux ne sont pas forcément évidents pour tous. Les uns sont-ils donc des paranoïaques abonnés à la théorie du complot depuis la Guerre Froide et les autres d’inconscients exhibitionnistes ?



Diffuser des informations à tout-va sur les réseaux sociaux sans se soucier de qui peut en disposer expose effectivement à certains risques :


  • L'usurpation d'identité : n’importe qui peut se faire passer pour une autre personne sur Internet en utilisant des photos et informations publiques. Il est ensuite facile pour cette personne de récolter des données privées auprès de connaissances de la victime, ou à l’inverse d'en diffuser des fausses pour mettre à mal sa réputation.

  • Le piratage informatique : les informations obtenues sur les réseaux sociaux peuvent favoriser l'obtention de données confidentielles, notamment bancaires, par exemple via la pratique de phishing (voir notre article sur le phishing).

  • La vente d'informations sur les goûts et habitudes des internautes à des entreprises souhaitant cibler leur communication publicitaire de façon plus ou moins légale à des fins plus ou moins honnêtes, par exemple en pratiquant le spam.

  • La mise à mal de l'e-réputation des internautes à cause de certains commentaires ou certaines photos parfois difficiles à supprimer. Ne croyez pas que les photos de soirées qui ressortent en entretien d'embauche ne relèvent que de la légende urbaine.


Puisqu’un internaute averti en vaut deux, ceux qui sont le plus coutumiers des réseaux sociaux parviennent généralement à régler leurs paramètres de sécurité de telle sorte à ce que leurs données personnelles soient diffusées de façon limitée et relativement protégées. Mais même ainsi, comme l'a relevé la CNIL, la sécurité des données personnelles sur le Web n’est pas absolue, et de nombreuses personnes continuent de diffuser des informations confidentielles à qui-les-veut-bien de façon presque incontrôlée.

Entre 2008 et 2011, la CNIL a ainsi enregistré près de 300 plaintes, dont plus de 200 concernent Facebook, pour des problèmes liés à l’utilisation des données personnelles sur les réseaux sociaux. Ces plaintes émanaient non-seulement d’utilisateurs, mais aussi de personnes dont l’image ou des informations personnelles ont été diffusées à leur insu.
 
De l'exhibitionnisme à la paranoïa  
   
Que faire alors ? De la paranoïa à l’exhibitionnisme, votre cœur balance ? La CNIL a récemment diffusé une campagne à l’attention des adolescents « Réfléchissez avant de cliquer » qui conseille de ne pas diffuser sur les réseaux sociaux ce que l’on ne voudrait pas que sa famille, ses professeurs, ou ses amis découvrent – cela vaut aussi avec « conjoint », « supérieur hiérarchique » et « collègues », soit dit en passant. Il suffirait en fait de faire preuve de bon sens et de réserver au cadre très-privé de l’IRL ce qui doit en fait rester privé.

Cela dit, et René Descartes l’avait bien compris en son temps, « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » ; surtout lorsque l’on fait une crise d’adolescence ou que l’on boit un verre de trop.

Ainsi se justifie le cadre légal du droit d’auteur et du droit à l’image, par d’autres aspects relativement polémique (nous ne nous appesantirons pas ici sur le débat autour de la loi Hadopi).

En parallèle, on assiste aujourd’hui au développement de plus en plus de réseaux sociaux qui permettent de mieux garantir la protection de sa vie privée que les classiques Facebook, Twitter, Viadeo, LinkedIn et autres Copains d’Avant. La CNIL en a par exemple sélectionné six : Familicity, Diaspora, Mondokiddo, Leminiréseau, Wilby et Yoocasa, dans l’ensemble plutôt adaptés aux enfants et aux familles.

Cependant, déserter les réseaux sociaux classiques pour rejoindre ceux-ci n’est pas forcément la solution idéale. Comme certains internautes le soulignent dans l’article du Monde « Il n’y a pas de réseaux sociaux parfaits », l’attrait principal d’un réseau social n’est pas le site en lui-même, mais bien les personnes qui y sont présentes. Etre seul sur un réseau social, aussi bien configuré et sûr soit-il par rapport à Facebook, revient en fin de compte à être seul.

 
Les bons conseils de mère-grand  
   
En somme, si chacun reste, et bien heureusement, libre de ses actes, le meilleur conseil à suivre semble être de vivre avec son temps et de continuer à utiliser les réseaux sociaux traditionnels, tout en utilisant autant que possible les paramètres de sécurité disponibles, en protégeant ses comptes à l’aide de mots de passe efficaces (voir l'article de Symantec sur la question) et en limitant le partage de photos, vidéos ou commentaires trop personnels.

Il est aussi important de régulièrement chercher son nom, pseudonyme ou nom d’entreprise sur les moteurs de recherche afin de voir quelles données sont visibles par tous les internautes, et éventuellement les rendre invisibles.

L’essentiel enfin est de rester conscient des risques encourus sur les réseaux sociaux afin de les limiter autant que possible grâce à une pratique mesurée.





Afin d’en savoir plus sur les pratiques permettant de limiter les risques liés aux libertés et à la vie privée, vous pouvez consulter les guides du CNIL publiés en juin dernier : www.netpublic.fr.

 
 
 
 
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